Face à un tel contexte qui est d’ailleurs encore plus douloureux dans le Valenciennois et le sud du Département, l’attitude de l’Etat vis-à-vis d’un Département comme le Nord est inacceptable.

Un Etat dont il est d’ailleurs grand temps qu’il rembourse au Conseil Général du Nord, et donc aux familles Nordistes, sa dette de 2 milliards d’euros, qu’il doit depuis 2004 au titre des transferts de compétences.

Cette dégradation de notre système de santé et de protection sociale est le fruit de choix nationaux.

Démantèlement de l’hôpital public par la tarification à l’activité et des suppressions massives d’emplois, forfait de 1€ par acte médical, franchise de 50 cts par boîte de médicaments et par acte auxiliaire médical, forfait de 2€ pour les transports sanitaires, forfait de 18€ sur les actes hospitaliers lourds, pénalisation de 40% pour non respect du parcours de soins, institution d’une taxe de 3,5% sur les contrats d’assurance maladie, sont quelques exemples de ces choix qui conduisent aujourd’hui à ce qu’un Français sur trois renonce aux soins faute de moyens.

Devant une telle situation et la volonté farouche de certains de privatiser la santé, il est urgent de supprimer les Agences Régionales de Santé, d’abroger la loi Bachelot, de rétablir le remboursement intégral des dépenses de santé et de mettre fin aux fermetures d’hôpitaux, de maternités, de centres de soins et d’IVG.

Il ne s’agit pas d’idéologie mais bel et bien d’une véritable urgence sanitaire, d’une question hautement sociétale sur laquelle chacun d’entre nous devrait s’entendre.

Les choix en matière de santé marquent en effet profondément les valeurs d’une société et force est de constater qu’aujourd’hui la santé n’est plus considérée comme une liberté fondamentale mais bien comme une source de profits, et ce au détriment des patients, notamment les plus démunis.

Faut-il d’ailleurs encore parler de patients quand ces derniers sont véritablement devenus des clients et quand la santé est considérée par l’Europe libérale et l’Organisation Mondiale de la Santé comme un marché des plus rentables.

Pour notre groupe les choses sont claires : nous sommes pour une santé publique, gratuite, accessible à tous.

Et puisqu’il est question de choix de société, rappelons que l’argent existe dans notre pays pour mener une autre politique sanitaire, contrairement à ce que martèle sans cesse le Gouvernement.

Oui l’argent existe mes chers collègues pour que notre Département qui a tant contribué à l’essor de notre Pays ne connaisse plus des indicateurs sanitaires qui font froid dans le dos, pour qu’une véritable politique publique de santé, volontariste, soit menée au plan national.

En près de 30 ans, 10 % de la totalité de la richesse produite dans notre pays est passée de la poche des salariés à celle des actionnaires, soit 195 milliards d’euros par an.

195 milliards d’euros par an, voilà de quoi mener une grande et belle politique volontariste en matière de santé, encore faut-il avoir le courage politique de faire de l’Homme une priorité, loin devant l’argent roi.

Toutes les grandes avancées humaines ont en effet un point commun : la volonté partagée de construire une société faite pour l’Homme et non pour les puissances financières.

Pour toutes ces raisons, notre Groupe votera en faveur de l’avis négatif rendu par le Département.