Cette loi a en effet gravé dans le marbre le fait que la santé soit devenue une marchandise. Cette situation s'est aggravée par le démantèlement des Services Publics, la casse de l’Hôpital et des services de proximité, la mise en place des ARS et de la T2A, la remise en cause de la Sécurité sociale pour répondre aux directives de Bruxelles favorisant la main mise des assurances privées.

Une enquête récente réalisée par 60 millions de consommateurs révélait des dépassements d’honoraires allant jusqu'à 10 fois le tarif remboursé par la Sécurité sociale.

Nos permanences d’élus ne cessent d’accueillir une population grandissante, dont nos aînés ne sont désormais plus exclus, et pour qui se soigner devient un luxe. Tel est le résultat d’une politique d’ajustement des besoins médicaux au regard de celui du Patronat, de la médecine ultralibérale comme des assurances privées. Politique mise en place depuis des décennies. Notre groupe revendique les moyens supplémentaires en faveur de l’Hôpital Public, de la promotion des centres de santé, en mettant un coup d’arrêt aux dépassements d’honoraires, aux franchises médicales, et autres déremboursements de médicaments.

Face aux fortunes engrangées par les laboratoires pharmaceutiques, il est grand temps de créer un Pôle Public du médicament comme nous le préconisons dans le cadre du programme du Front de Gauche : un Pôle Public qui interviendra sur la recherche, la production et la distribution des médicaments.

Il est également indispensable d'établir le remboursement intégral à 100 % des dépenses de santé couvertes par la Sécurité sociale. Pour une véritable alternative politique en 2012, la loi HPST doit être abrogée et avec elle, les Agences régionales de la Santé (ARS), comme la loi de 2003 instituant la tarification à l’activité (T2A).

Notre Département connaît un taux de bénéficiaires de l’APA supérieur à la moyenne nationale. Nous ne pouvons que regretter les faiblesses du dispositif existant qui ne permet pas de répondre aux besoins de la Personne Agée. C’est notamment la raison pour laquelle nous exigeons une refonte en profondeur du système de santé. En effet pendant que le Gouvernement de Droite et sa majorité parlementaire tentent de faire oublier qu’ils prétendaient faire de la dépendance un de leurs chevaux de bataille dans la campagne présidentielle de 2007, les dépenses de notre collectivité en faveur de cette allocation ne cessent d’augmenter, et là aussi le Gouvernement reste sourd lorsque nous lui réclamons les plus de 2Milliards d’euros dus aux Nordistes au titre des charges transférées et non complètement compensées.

Pire, avec les collectivités territoriales, les Services Publics, les dégradations des conditions de vie de nos concitoyens, c’est le secteur du Service à Domicile qui subit de plein fouet les mauvais coups du Président sortant et de la Droite dans son ensemble. En 2010, plus de 10 000 emplois ont été supprimés. Début 2011, 16 fédérations d’association non lucratives représentant les principaux acteurs de l’aide à domicile avaient lancé un cri d’alerte puisqu’elles réclamaient 100 millions d’euros en urgence pour éviter une crise sociale dans les services d’aide à domicile. Ce à quoi le Gouvernement est resté sourd. C’est alors ce même Président sortant qui déclarait il y a plus d’un an, je cite, « la dépendance n’est pas qu’un problème financier, c’est une question de morale ! » Je vous laisse le soin, mes chers collègues, de méditer sur cette déclaration…

La prévention passe par le développement de l'activité physique et intellectuelle, l'intégration et le rôle social des personnes âgées, une alimentation équilibrée et bien évidemment comme nous le disions précédemment le remboursement à 100% des dépenses de santé.

Pour ce qui concerne les élus Communistes- Front de Gauche la prise en charge de la perte d’autonomie doit être financée par la Solidarité Nationale. Il s’agit ainsi de développer considérablement les équipements, tant au domicile (où le maintien des personnes doit être privilégié) que dans les institutions, l’éventail des formules d’accueil, l’accès aux services spécialisés médicaux et surtout mettre en œuvre un plan de formation ambitieux dans la durée pour les personnels médicaux et paramédicaux, ainsi que pour l’ensemble des intervenants dans ce domaine.

En résumé, notre groupe réitère son exigence d’organisation de la prise en charge de l’autonomie grâce à la construction d’un pôle public de « l’autonomie » et la création d’une 5è branche de la Sécurité Sociale. Une vraie politique publique doit articuler prévention, dépistage et prise en charge solidaire.

Elle doit faire l'objet d'un véritable contrôle démocratique. Son enjeu consistera à travailler, à partir de l'existant, à l'amélioration du niveau de la prise en charge des personnes en perte d’autonomie, tant pécuniaire que pour la qualité des services rendus. La perte d’autonomie ne doit pas être confiée à l’assurance privée et aux requins de la finance mais au Service Public, seul garant de l’égalité.

Il faut par ailleurs, dans notre pays, créer les conditions les plus favorables pour que nos aînés aient des conditions de vie décentes dans tous les domaines : du loisir en passant par l’accès à la santé, le logement adapté ou encore l’ensemble de toutes les dispositions utiles pour permettre à nos aînés de vivre et vieillir dignement. Ce schéma permet de bâtir ce regard en leur direction, à nous de continuer pour aller demain encore plus loin.

Notre groupe votera en faveur du schéma, volet Personnes Agées.