Ce que je vous rappelle ici mes chers Collègues, et bien figurez-vous que l’Agence Régionale de Santé en est consciente !

Je vous le dis haut et fort car cela ne saute vraiment pas aux yeux à la lecture du document qui nous est à nouveau proposé par Monsieur le Préfet sanitaire de Région qu’est le Directeur de l’Agence Régionale de Santé !

Si le diagnostic sanitaire est à nouveau partagé, si, contrairement à la précédente mouture, l’Agence Régionale de Santé affiche dans ses mots « une ambition régionale forte et partagée avec les partenaires que sont notamment les collectivités territoriales », force est de constater que ce Schéma encore très général a une vision toujours restrictive de la légitimité et de l’action des Départements, en renvoyant concrètement sa déclinaison aux travaux de la Commission de Coordination de la Prévention et à l’élaboration des programmes régionaux.

Et avec quels moyens mes chers Collègues ?

Même constat que précédemment : très, très peu de moyens puisque, rendez-vous compte, 0,28% des crédits de l’Agence Régionale de Santé y seront consacrés. Pour une région aussi défavorisée que la nôtre, une région où tous les indicateurs de santé sont au rouge, une région où il est plus que jamais nécessaire de rattraper les retards dans un domaine aussi consensuel que celui de la santé, il s’agit là tout simplement d’une mise en œuvre indigne et irresponsable d’une politique publique.

Nous dénonçons donc une nouvelle fois cette parodie que nous propose de cautionner l’Agence Régionale de Santé, avec d’autant plus de virulence qu’il s’agit de notre part d’une redite et que nous commençons à nous excéder d’y être contraint.

Nous faisons en ce sens une nouvelle fois le constat de l’échec dans la concertation avec l’Etat.

Mais il s’agit de tout sauf d’une surprise. Comment en effet échanger sereinement avec un Gouvernement qui n’exerce pas ses fonctions régaliennes et qui tente depuis 4 décennies de démanteler un système de protection sociale unique au monde, qui fait notre richesse, né, je le rappelle, du programme du Conseil National de la Résistance. Pour quelle finalité ? Pour le servir sur un plateau aux marchés privés sans nul doute. Car la Santé et l’Assurance Maladie sont aujourd’hui considérées par l’Europe libérale et l’OMS comme un marché des plus rentables.

Comment pourrions-nous accepter que les français subissent au quotidien les conséquences de ce démantèlement ?

Est-ce utile, mes chers Collèges, que je vous rappelle qu’aux effets conjugués des déterminants sociaux, économiques et environnementaux dans notre Département, il y a lieu d’ajouter les conséquences des mesures prises que j’énumère de manière, hélas, non exhaustive : forfait de 1€ par acte médical, franchise de 50 cts par boîte de médicaments et par acte auxiliaire médical, forfait de 2€ pour les transports sanitaires, forfait de 18€ sur les actes hospitaliers lourds, pénalisation de 40% pour on respect du parcours de soins, institution d’une taxe de 3,5% sur les contrats d’assurance maladie…

Nous regrettons en outre qu’en matière de démocratie sanitaire, la timidité à reconnaître leur place aux associations de patients s’illustre à nouveau aujourd’hui.

Et que dire du démantèlement de l’hôpital du public !

La mise en déficit du secteur hospitalier public a des conséquences sur le fonctionnement de l’hôpital et des équipes soignantes, et par conséquent, pour les malades. Le passage à la T2A et la pression exercée pour augmenter la productivité ont participé à la dégradation des conditions de travail des personnels soignants. L’emploi a été sacrifié : moins 9 800 emplois en 2009, plus de 10 000 en 2010 et probablement autant en 2011, nous attendons les chiffres.

Non, mes chers Collègues, trop c’est trop, nous sommes en colère, nous ne cautionnerons pas ces politiques honteuses et sommes déterminés à tout mettre en œuvre pour préserver et développer notre système de santé et de protection sociale, seul garant d’un accès juste et égalitaire aux soins et à la prévention.

La Fédération Hospitalière de France, porte voix de l’hôpital public, ne vient-elle pas de dire que les valeurs du Service Public de santé doivent permettre de lutter contre les inégalités d’accès aux soins et aux prises en charge et d’assurer le déploiement des actions de santé publiques sur les territoires. Elles doivent également être en mesure de corriger les inégalités de moyens entre les différents acteurs de santé et entre les territoires.

Il faut pour ce faire supprimer les Agences Régionales de Santé, abroger la loi Bachelot, rétablir le remboursement intégral des dépenses de santé et mettre fin aux fermetures d’hôpitaux, de maternités, de centres de soins et d’IVG.

Il s’agit là d’une urgence sanitaire et sociale.