Nous savions bien que nous ne passerions de l’ombre à la lumière en quelques jours. Mais les attentes légitimes des communautés éducatives et des familles ne seront pas satisfaites à la prochaine rentrée.

Dans ce contexte, une nouvelle fois, avec la majorité départementale, nous envoyons ensemble un nouveau signal positif aux Nordistes.

En effet, la délibération qui nous est proposée est de nature à permettre, en complément du travail des enseignants, d’aider une partie de nos jeunes à atteindre un cursus long de formation.

L’action menée par les étudiants de l’IEP n’a rien à voir avec ces établissements complètement privés qui s’auto-déclarent institut de préparation aux grandes écoles en surfant sur la pression sociale subie par les familles liée au chômage de masse.

Notre groupe est sensible à la méthode de création des groupes de suivi. En effet, nous savons que beaucoup de nos jeunes ont de réelles potentialités quelque soit leur origine sociale.

Agir prioritairement en zone difficile auprès d’enfants est un choix qui nous semble pertinent.

Nous pensons également que la mise en place d’un tutorat dans des conditions contrôlées tant par les communautés éducatives locales que par les enseignants référents de l’IEP est un gage sécurisant.

Cependant, nous souhaitons rappeler que l’Ecole doit rester son propre recours. Il ne s’agit pas, pour le Département, de compenser les difficultés engendrées par des choix de l’Etat que nous avons toujours dénoncés.

Pour nous, l’Ecole devrait disposer des ressources internes suffisantes pour pouvoir mettre en œuvre des pratiques pédagogiques différenciées. Hélas, le travail en groupes de besoin ne peut se mettre en place faute de ressources humaines suffisantes.

Les objectifs de notre engagement dans cette action doivent rester très clair.

Il s’agit de favoriser, par des mesures d’accompagnement volontaristes, l’accès pour tous au meilleur niveau de formation choisie et non subie.

Nous prenons acte du fait qu’il ne s’agisse pas d’une méthode de présélection mais bien d’un travail de fond avec des élèves qui ont besoin de déclencheurs complémentaires pour découvrir leurs potentialités et les exprimer au fur et à mesure de leur cursus scolaire.

Transformer les représentations des jeunes quant au cursus long est un travail nécessaire.

Nous espérons que des partenariats avec les Universités et d’autres grandes écoles pourront voir le jour même si nous mesurons la charge financière que cela pourrait engendrer. Nous pensons chacune des collectivités devra apporter son soutien en adoptant par exemple la règle du fonds de concours : un euro de l’Etat, un euro de la collectivité.

Ici comme dans d’autres lieux, nous ne manquerons pas de porter nos exigences d’une Ecole Publique réellement gratuite et obligatoire de 2 à 18 ans ; d’un accès à l’université ou aux grandes écoles permis par des mesures financières adaptées comme la bourse d’études.

Avec la disparition des Ecoles Normales, des IPES, nombre de jeunes ne peuvent plus accéder au légitime ascenseur social.

Il est désespérant de voir des étudiants devoir travailler dans des usines à mal bouffe à des horaires tardifs pour trouver les finances nécessaires à leurs études.

Enfin, nous souhaitons que la famille, les associations d’Education Populaire et très largement toutes les institutions soient de nouveau considérées comme autant de leviers pour l’acquisition de savoirs, de savoir-être et de savoir-faire.

Aussi, en prenant en compte ces compléments d’analyse, notre groupe votera en faveur de cette délibération car nous croyons que l’accompagnement par un pair est un atout supplémentaire pour nos jeunes et que chaque mesure porteuse de progrès est à mettre en œuvre au plus vite.

Nous espérons un retour évaluatif sur un suivi de cohorte pour pouvoir mesurer la pertinence de notre engagement.

Je vous remercie.