Les projets présentés et leurs enjeux sont divers : accès à l’eau et à l’énergie, mise en place d’infrastructures et d’équipements scolaires, campagnes de prévention/santé, échanges culturels… Ces actions soutenues par le Département visent à favoriser le partage de savoir-faire au niveau international et à mobiliser des fonds en faveur de l’essor de ces territoires.

- Il faut rappeler que de nouveaux critères de subvention pour les dispositifs de solidarité internationale et de coopération liée aux accords internationaux du Département ont été adoptés la semaine dernière, en séance plénière, pour une application au 1er janvier 2013. Ils visent à renforcer la cohérence des dispositifs et la lisibilité de l’action du Conseil général en matière de politique internationale, sur les thématiques d’intervention définies comme prioritaires par le Département et ses partenaires.

A ce sujet, puisqu’il s’agit d’un des objectifs de cette réforme, notre Groupe souhaite insister sur la nécessité d’impliquer l’ensemble des Nordistes : la plupart des opérateurs se trouvent dans la métropole lilloise, il s’agirait donc de réfléchir à faire émerger et à soutenir des initiatives dans tout le Département, en ne doutant pas que cet impératif d’équité territoriale sera un axe important des deux appels à projet annuels.

Nous approuvons donc l’action déterminée que mène le Conseil général concernant l’aide au développement.

Mais cela appelle de notre part certains commentaires sur les rôles respectifs de l’Etat et des collectivités.

Par le soutien qu’elles apportent à des projets concrets de solidarité internationale, qui se construisent sur place et au quotidien avec les populations, les collectivités interviennent à un autre niveau que les Etats. Elles savent pour cela s’appuyer sur le travail indispensable et efficace des associations, qui bénéficient de réseaux et d’une expérience sur le terrain parfois même antérieurs à ceux des collectivités.

Les politiques de relations internationales des collectivités sont utiles. Elles ont pu être mises en place grâce à la décentralisation, qui a permis aux collectivités d’intervenir dans des champs de compétence jusque-là réservés à l’Etat. Pour qu’elles puissent continuer à jouer un rôle déterminant pour les populations, il est donc urgent et nécessaire de leur garantir des moyens financiers suffisants, dans le cadre de la réaffirmation de leur compétence générale.

Cependant, l’engagement des collectivités ne peut pas se substituer à celui des Etats.

En 2000, les 193 pays membres de l’ONU ont adhéré aux Objectifs du Millénaire pour le Développement. Aujourd’hui, à 3 ans de l’échéance, les efforts des Etats et les résultats pour les populations, notamment en termes de réduction de la pauvreté et d’amélioration des conditions de vie, sont loin d’être à la hauteur de cette adhésion unanime.

Les Etats se montrent toujours trop sensibles aux pressions du monde des affaires. Sous couvert d’aide au développement, l'action des dirigeants revient souvent à ouvrir des parts de marché au capital, qui pille les richesses naturelles et récupère ainsi des contrats juteux sur le dos des populations.

Ces 20 dernières années sont plutôt marquées par l’aide au développement des multinationales et de leur emprise sur le cours du monde, aux dépens des peuples et des solutions souhaitables pour la planète. Il doit être enfin question de donner aux populations les moyens d'échapper aux griffes des grandes entreprises et de mettre en place une alternative de développement, face aux intérêts de l'industrie et de la finance.

Cela impose également une réorientation des politiques européennes, abandonnant la mise en concurrence des territoires au profit de coopérations mutuellement profitables entre les peuples.

Les disparités de développement Nord-Sud, sont la principale cause des flux migratoires. Bien des populations n'ont d'autres choix qu'un douloureux exil pour fuir la misère liée à leur exploitation. Cette réalité nous confère d'autant plus de responsabilités. On ne choisit pas l'endroit de sa naissance mais on peut agir partout pour une meilleure répartition des richesses.

Notre collectivité, pour la part qui lui revient, fait le choix de promouvoir des échanges internationaux basés sur une démarche de coopération et de justice sociale, afin de rapprocher les peuples et les cultures et favoriser le développement économique et social local.

Parce que nous défendons l’Humain d’abord, le Groupe Communiste – Front de Gauche votera ces délibérations.