Monsieur le Président de la République,

Vous avez annoncé votre intention de vous exprimer prochainement sur la question du logement. C’est un enjeu essentiel car le logement reflète les inégalités, il les accentue et en crée, chaque jour, de nouvelles. C’est, aussi, le principal poste de dépense des foyers.

Les politiques menées durant votre quinquennat n’ont rien résolu. Elles ont plongé nombre de personnes et de familles démunies dans de grandes difficultés. La pression exercée sur l’hébergement d’urgence et sur le logement social a rendu, aussi, chaque jour, de plus en plus inaccessible, l’ensemble du parc locatif privé et public aux jeunes ménages, aux salariés et aux couches moyennes. Dans ce secteur, la spéculation reste de mise.

Le logement à destination des étudiants n’échappe pas davantage à ce constat. Il s’avère, lui aussi, le plus souvent inaccessible financièrement et insuffisant par rapport aux attentes. Cette responsabilité régalienne a été remplie a minima par l’État: réduction des financements pour la construction de logements sociaux, et pour les Opérations Programmées d’Amélioration de l’Habitat, ponction de 245 Millions d’euros sur les bailleurs sociaux, captation des financements Logement-Action, le 1%, et politique des « zones tendues » qui privent nos secteurs ruraux des aides dont ils ont le plus grand besoin. Dans un Département comme le NORD où les demandes de logement social en instance se situent à hauteur de 90 000 dossiers auxquels aucune réponse ne peut être apportée, la modeste contribution de l’État se concentre vers les intercommunalités ayant opté pour la compétence « aide à la pierre ».

Ainsi, la répartition des crédits d’État, laisse-t-elle de côté plus de 660 000 Nordistes, leur consacrant moins d’1€ par habitant : c’est comme si un département comme le MORBIHAN ne disposait d’aucun crédit d’État pour mener sa politique de Logement et d’Habitat. Ce manque de financement conjugué à une répartition inégalitaire des crédits nuit à la revitalisation des communes rurales et pénalise lourdement leur population qui, socialement, souffre davantage que la moyenne nationale et que la moyenne régionale. Il accentue des inégalités déjà criantes. Au-delà des nécessaires crédits à inscrire en urgence, c’est une refonte totale de la politique du Logement et de l’Habitat qui est aujourd’hui indispensable pour garantir ce droit constitutionnel qu’est le droit au logement. Cette refonte est revendiquée par les nombreuses associations présentes sur le terrain et qui ne cessent de vous alerter.

Aucune mesure ne sera durable si elle ne s’inscrit dans le cadre d’un service public du logement et de l’habitat garant de l’équité territoriale. Aucune mesure ne sera durable si elle n’impose que les loyers et les charges ne puissent dépasser 20% des ressources des familles, quitte à orchestrer une baisse des loyers. Enfin, aucune mesure ne sera durable sans une véritable maîtrise du foncier par les élus et un fonds d’intervention permettant d’inciter à la construction de logements sociaux accessibles financièrement.

Dans l’attente de vous entendre sur cette question essentielle pour nos concitoyens, je vous prie, Monsieur le Président, d’agréer l’expression de mes salutations républicaines.

Charles BEAUCHAMP Vice- Président Logement et Habitat