A cette remise en cause du maillage hospitalier, s'ajoute le phénomène de désertification médicale. En dialogue constant avec les Maires de nos cantons, nous savons tous que le remplacement des généralistes partant à la retraite constitue un sujet de grande préoccupation.

Selon l'ARS, en 2016, 51% des médecins généralistes installés dans la région avaient plus de 55 ans. D'ici à 2020, 20 % d'entre eux auront pris leur retraite.

Dans ce contexte, il apparaît nécessaire de maintenir, voire de renforcer, l'implantation locale des agents départementaux des secteurs médical et médico-social.

En effet, dans certains des territoires les moins urbanisés ou les plus défavorisés du Nord, le public n'aura plus que ce seul recours pour accéder à un personnel médical proche de son lieu de vie.

Si le plan départemental Santé Bien-être 2013 – 2017 inscrit l'accès aux soins comme priorité, sous quelles formes se concrétisera dorénavant cet axe, là où il n'y aura plus de professionnels de santé, qu'ils soient hospitaliers ou libéraux ?

Une réflexion approfondie sur l'état de la démographie médicale et la carte des services publics de soins devra présider à l'écriture du plan santé des prochaines années.

Il va de soi que le Département n'a pas à se substituer au désengagement de l'Etat ou à répondre à ses carences, dans le domaine sanitaire comme dans bien d'autres. Cependant, l'ancrage territorial des professionnels de santé des PMI et SPS s'avère plus que jamais indispensable, ceux-ci assurant une indispensable mission de vigilance et de veille sanitaires.

En ce sens, il faut noter la progression du budget que le Département consacre à son intervention sanitaire. L'augmentation de 110.000 € de l'enveloppe dédiée à la PMI, même si elle demeure modeste, constitue un signal positif.

Ceci étant, cette augmentation budgétaire intervient alors que la majorité a choisi, l'an dernier, de mettre fin au soutien financier que le Département avait décidé d'accorder aux associations de défense des victimes de l'amiante et de leurs familles. Une décision qui avait été adoptée en 2012 à l'unanimité de notre assemblée.

Ainsi, la PMI se verra-t-elle accorder 110.000 € supplémentaires quand 100.000 € auront été ôtés aux structures de soutien à ces hommes et femmes touchés par le grave problème de santé publique qu'est l'exposition à l'amiante.

On nous rétorquera qu'en raison d'un budget très contraint, des arbitrages sont à réaliser.

Mais nous ne nous résignons pas à opérer des choix impossibles, à délaisser, pour ne pas dire sacrifier, des publics en souffrance pour pouvoir abonder les moyens de l'intervention de la collectivité.

Nous réaffirmons que la population nordiste n'a pas à subir les effets des baisses de dotation aux collectivités et la non compensation intégrale du RSA.

Nous refusons d'endosser la responsabilité de mesures comptables, décidées au plan national, dont les conséquences sont désastreuses humainement.

Considérant la part massive de la dépense sociale dans le budget départemental, notre collectivité doit être fer de lance du combat pour que la solidarité nationale redevienne effective.

Sauf à envisager une dislocation de la Nation, un effacement de l'égalité républicaine, il est grand temps que l'Etat se conforme à ses obligations constitutionnelles de compensation intégrale du transfert du RMI, devenu RSA. Cette exigence, nous devons la porter collectivement, unanimement.

Faute de quoi, même en imaginant le retour à l'emploi d'allocataires des minima sociaux, nous serons condamnés à opérer des choix intenables, contraires à l'intérêt de ceux qui nous ont confiés le soin de les représenter.