Lors de la première présentation de votre politique d’aménagement du territoire qui prévoyait un budget de 30 millions d’euros dont 23 millions d’euros pour les projets structurants et 7 millions d’euros pour la ruralité « villages et bourgs », au nom de notre groupe, j’ai demandé : - Un effort financier supérieur de notre part pour ces investissements locaux, - Plus de souplesse dans les attributions de subventions permettant un éventuel rééquilibrage dans la répartition entre ces deux types de projets. Nous avions insisté sur l’ampleur des attentes des maires de la ruralité pour qui le Département a toujours été un partenaire privilégié.

Aujourd’hui, c’est encore plus vrai compte tenu des difficultés financières qu’ils rencontrent. Difficultés liées aux politiques d’asphyxie des collectivités territoriales menées par le pouvoir politique qui se veut toujours plus central. Une centralisation qui impose de plus en plus d’austérité aux politiques de proximité. Cette politique néfaste aux collectivités territoriales, nous la dénonçons et la contestons à chaque réunion de notre conseil départemental, ceci afin de faire entendre, aux dirigeants nationaux, la voix du refus nordiste. OUI, Il est déterminant de la faire entendre haut et fort en l’associant aux multiples expressions de nos collègues, toutes sensibilités confondues aux 4 coins de l’hexagone. C’est une nouvelle fois vrai dans le cadre de la Conférence Nationale des Territoires prévue ce 12 Juillet. De très nombreuses réactions individuelles et collégiales surgissent afin de dénoncer la « recentralisation » du pouvoir. De l’association des maires de France (AMF), à celle des départements (ADF) et des régions (ARF) qui viennent de décider le boycott de cette conférence ainsi que sa réunion préparatrice. D’ordinaire, pour illustrer mes propos, je cite mes amis politiques. Pour une fois, permettez-moi, chers collègues de la majorité départementale, de citer certains des amis politiques qui vous sont chers. - Hervé Morin qui est à la tête des régions de France et qui au départ se déclarait « bienveillant » sur ce projet dénonce aujourd’hui : « une recentralisation massive contraire au cours de l’histoire » - François Baroin président de l’AMF qui rappelle que « la conférence nationale des territoires est une de ses propositions », déclare que depuis un an, le gouvernement et l’Etat ont créé selon lui « toutes les conditions pour nous mettre et se mettre dans une impasse ». Il enfonce le clou je le cite toujours « Ce n’est pas une contractualisation, c’est un dictat ». - Le Maire LR de St Etienne Gaël Perdriau compare ces contrats signés à des « lettres de cachet » imposées par le « monarque » aux collectivités… Je me limite à ces exemples, sachant que la liste est longue. Sur ce sujet, vos collègues sont prolixes et ils ne font pas dans la dentelle.

Pour revenir à la délibération, nous avons été satisfaits que, ces deux premières années, la répartition de ces 30 millions d’euros s’est traduite par un meilleur équilibre entre les projets structurants et Villages et bourgs. Immédiatement, nous avons tous pu constater comme nous l’avions prédit que le nombre des dossiers déposés par les communes était conséquent.

Nous sommes satisfaits de la proposition d’augmenter cette année de 5 millions d’euros l’enveloppe pour l’aménagement du territoire et de sa nouvelle répartition financière. Ces deux modifications vont dans le sens de nos demandes que j’ai souvent exprimées dans cet hémicycle. Ce seront donc pour 2018 : 21 millions d’euros pour les projets « Villages et bourgs » et 14 millions pour les projets structurants. Nous voterons POUR cette délibération.

Nous savons tous que, sans la participation financière du Département, bon nombre de projets des communes rurales resteraient à l’étape de vœux pieux, ceci faute de fonds propres.

Nous savons tous que permettre la réalisation de ces projets de proximité favorise le maintien, voire la création d’emplois notamment dans le BTP et surtout des emplois de proximité. Les PME et PMI de ce secteur attendent avec impatience ces marchés locaux.

Enfin Monsieur le Président, je réitère 2 de nos demandes : 1) Pour les communes qui veulent engager des travaux exigeant un étalement sur plusieurs années, peuvent-elles avoir l’assurance d’un financement pluriannuel de la part de notre institution ? 2) D’envisager dans un proche avenir la possibilité pour les communes de pouvoir insérer dans les projet « villages et bourgs » la réfection des voiries communales. Bien entendu suivant des critères précis à définir.

Pour cette seconde demande, il est évident pour nous que cela ne pourrait être envisageable qu’avec des crédits supplémentaires. Cette décision ne peut pas se concevoir dans un budget constant. Y répondre me parait indispensable pour la simple raison que pour un certain nombre de communes, faute de financement local suffisant, il est impensable pour ces élus de déposer un dossier pour une salle polyvalente ou un équipement sportif ou encore le réaménagement de leur centre bourg…. Leur principal projet, face à l’insistance de leurs concitoyens, est d’envisager la réalisation des travaux de leurs voiries et pour cela ils ont besoin de financement extérieur.