Vous rappelez aussi que ce Schéma unique complète et soutient les orientations et les actions déjà engagées dans les différentes thématiques, en renforçant la cohérence des actions publiques et entre les acteurs, la transition pour l'inclusion, un accompagnement personnalisé, un rééquilibrage territorial et la transformation de l'offre de services avec une vision pluriannuelle.

Les 4 volets Autonomie, Prévention-Santé, Insertion et Enfance/Famille ainsi présentés et déclinés sous tous les axes semblent bien reprendre les problématiques bien identifiées et s’inscrire dans la fragilité sociale et sanitaire particulière du Département du Nord.

Les objectifs, notamment dans le domaine de l’accompagnement social et de la levée des freins à l’emploi, semblent compléter ce qui était fait les années précédentes, même si, une fois de plus, nous déplorons que les différences avec le précédent schéma ne soient pas identifiées.

Qui pourrait s’opposer à de telles ambitions ? Personne bien entendu, et surtout pas nous.

La question plutôt à poser est : qu’est-ce qui pourrait venir en opposition à de telles ambitions ?

Et là, les réponses sont multiples, hélas : l’écart entre le discours et les actes, les coupes qui sont faites en permanence dans les crédits pour mettre en œuvre ces politiques.

Voilà la plus grande des contradictions.

Je peux citer en vrac le recours aux personnels contractuels, les baisses de crédits aux structures, les CPOM… toutes ces décisions que vous prenez depuis Avril 2015 pour optimiser les finances du Département et qui sont de véritables freins à toutes ces ambitions. Vous employez des termes qui se veulent de la nouvelle société comme synergie ou Co-construction des parcours, mais derrière tout cela, nous voulons parler de solidarité et de satisfaction des besoins identifiés.

Vous rappelez que le contexte de la loi NOTRe - Nouvelle Organisation Territoriale de la République - marque une nouvelle étape institutionnelle. À notre tour de rappeler nos raisons d’être inquiets sur ce contexte et la demande faite aux collectivités territoriales de réduire de 13 milliards leurs dépenses sans diminuer leurs missions.

Qui parle ici de fatalité ? Dès lors, la remise en cause de l’existant sert ainsi surtout à justifier la diminution des crédits. Et cela conduit à réduire les champs, à cibler les publics, à plafonner les soi-disant réponses aux besoins ; tout cela dans un cadre d’économies obligées !

Dans les faits, on change ainsi la nature du système de protection sociale, en faisant fi des valeurs auxquelles tiennent la grande majorité de nos concitoyens.

Cette philosophie ne peut pas nous permettre d’affronter les enjeux, elle n’est pas à la hauteur.

Un seul exemple s’il en faut : la problématique actuelle des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, qui se sont mobilisées le 30 janvier.

Les conditions de vie dans les EHPAD se dégradent chaque jour davantage et les conditions de travail des personnels sont catastrophiques.

Les conséquences dramatiques sont la déshumanisation des relations et inévitablement la maltraitance de fait qui règne désormais dans les structures.

Voilà à quoi mènent les politiques de réduction des coûts.

Nous vous le disons à nouveau : soyez conséquents avec les ambitions que vous affichez quant à la satisfaction des besoins de nos habitants, et ne subissez pas les diktats de ceux qui affirment que les temps étant difficiles, les moyens n’existent pas.

Vous adaptez les politiques de solidarité de notre Département, et notamment ses dépenses, aux nouvelles réalités financières que nous impose l’Etat.

Partez plutôt des besoins, pour ajuster les moyens, et non pas du postulat des moyens rognés pour limiter la satisfaction des besoins.

En clair, il faut ensemble renoncer à subir la prétendue loi de l’offre qui, partout, est en faillite, pour revenir à une politique de la demande, c’est-à-dire des besoins à satisfaire. C’est cela l’honneur de la politique.

Voilà toutes les raisons qui nous amènent à voter contre cette délibération.