La Sécu, cela résonne particulièrement chez nous. Mais votre ambition de présenter le Département comme chef de file en la matière fait ainsi l’impasse sur l’abandon à l’œuvre de ce qui fonde les missions de la Sécurité Sociale. Cette prise de relai évite de dénoncer l’entreprise engagée par les gouvernements qui se sont succédés et qui aboutissent à tarir délibérément les ressources permettant d’assurer en commun la protection de tous. Que vient faire le Département dans cette affaire : ce n’est pas son rôle ? N’est-ce pas là de l’affichage sans contenu ? Et qu’en penserait le Tribunal Administratif ? Il s’agit tout simplement d’une délibération inutile. En outre, l’appui visant à « faciliter l’accès à une mutuelle » est lourd de menaces potentielles. Quelles mutuelles ? Des mutuelles privées ? Des adhérents pourront vous expliquer comment ils en ont fait les frais ! Quelles garanties à terme après les premières offres attractives ? Et que dire des élus qui ont souscrit à la mutuelle et sont ensuite pris à partie par les habitants quand les conditions tarifaires évoluent. Renvoyer à la bonne volonté des élus locaux l’appui à cette démarche, ce serait aussi acter la mise en place d’une société à plusieurs vitesses. Et ici que l’on ne nous parle pas des contraintes budgétaires ! Rappelons tout simplement les milliards liés à la fraude patronale et les cotisations dont les grandes entreprises sont exonérées par le biais des multiples dégrèvements. Oui ! La Sécurité Sociale doit avoir les moyens de prendre en charge tous les habitants, de redevenir l’outil d’appui d’une politique de santé tellement mise à mal aujourd’hui, et aussi de répondre solidairement aux grands défis liés à l’augmentation de la population, et à son vieillissement. Vous l’aurez compris, nous nous opposons à vos choix qui, de fait, participent à l’abandon de l’une des plus belles conquêtes sociales de notre pays.