Le Conseil départemental est, me semble-t-il, le niveau institutionnel le plus à même d’apporter ces réponses adaptées aux besoins des populations. Pour ce faire, il est impératif que les secteurs les plus éloignés des pôles urbains bénéficient d’une attention particulière. Par exemple, en termes de dynamisme des centres bourgs, d’équipements divers, de voiries, des espaces publics…

Comme toutes les communes de France, les communes rurales sont touchées par les effets néfastes des politiques nationales, notamment de baisse des dotations. Mais comme vous le savez, les marges de manœuvres locales sont quasi inexistantes dans ces communes. Ces communes bénéficient rarement de la solidarité nationale et malheureusement le département doit souvent combler en partie le désengagement de l’Etat sous peine de désertification.

Nos collègues maires de la Ruralité ne manquent pas une occasion pour exprimer leur colère vis-à-vis de l’Etat. Ils l’ont encore montré du 20 au 23 novembre au Congrès des Maires de France ou encore à Cahors à la Conférence Nationale des Territoires. Non seulement ils ont raison, mais de surcroît nous devons les soutenir.

Mais combien de temps cela va-t-il pouvoir durer ? Telle est la question ! Pour l’instant, nous n’avons aucune visibilité ni aucune garantie pour l’avenir proche. Ce qui est dramatique.

Dans la ruralité, les besoins sont immenses et le soutien financier est indispensable pour maintenir et développer l’investissement. Nombreuses sont les communes en attente du concours financier et technique du département. Cette participation financière de département devenant indispensable pour créer les services et réaliser les projets dont ont tant besoin leurs populations. Ainsi que les entreprises de proximité du BTP qui attendent avec impatience les marchés locaux pour assurer leurs obligations en terme d’emploi. Pour cela, le département se doit de mettre en œuvre une politique d’aménagement du territoire très ambitieuse.

C’est pourquoi, dès l’annonce il y a deux ans de la mise en place du projet « Villages et Bourgs », j’intervenais au nom de notre groupe, en séance du 12 avril 2016 afin de réclamer un meilleur équilibre entre les fonds consacrés à l’aménagement des territoires.

Dans les communes rurales, effectivement, nombreux sont les projets en attente de financement. Il n’a pas fallu attendre longtemps pour que les faits nous donnent raison, puisque sur le premier budget global qui s’élevait à 30 millions d’euros, seulement 7 millions étaient fléchés en direction de la ruralité. Face à la demande locale, ils furent vite insuffisants et ce sont 10,2 millions qui ont été affectés à la ruralité, puis en 2017, 15 millions. En 2018, vous proposez 15 millions d’euros. Nous prenons acte de cette 1ère enveloppe, dans l’attente de connaître les résultats du nouvel appel à projets. Et quid si les projets locaux nécessitaient plus de 15 millions ? Quel serait votre positionnement ?

Enfin, nous prenons acte de la nouveauté annoncée dans les critères retenus à savoir : Une participation possible sur l’aménagement des trottoirs sous certaines conditions liées à la qualité urbaine. Nous voulons relayer la demande de nombreux maires pour que l’amélioration des voiries communales soit insérée dans les critères de Villages et Bourgs. Et nous demandons que soit menée une réflexion sur la rétrocession des voiries départementales.

Tout à l’heure, j’insistais sur l’écoute des doléances spécifiques des maires de la ruralité. Je réitère notre demande sur la reprise souhaitée des réunions d’arrondissements sur ce sujet. Plus exactement 2 types de rencontres : 1 réunion par arrondissement du Vice-Président avec les conseillers départementaux et 1 réunion avec les conseillers départementaux et les maires.