Nous avions attiré l’attention il y a 7 mois sur le fait que ce « cadeau » de l’Etat n’en était un qu’à moitié puisqu’avec une TVA à 5,5% il allait en récupérer 50 % sur des travaux estimés à 1 milliard.

Cette fois l’opération est simplifiée le projet du gouvernement étant de passer la TVA à 10%, il récupèrera la totalité.

Si les élus communistes n’ont pas la prétention de jouer les devins, ils restent cependant fermement convaincus que ce calice marquera la mort d’une gouvernance de Maisons & Cités obtenue de haute lutte par les élus de notre région.

Le montage est simple et nous vous en rappelons les contours.

Il faut un milliard d’euros de travaux. L’Etat en apporte 100, Maisons et cités en emprunte 600 et le reste est apporté par la Région et les deux départements.

Cependant, l’emprunt de 600 millions d’euros non programmé par Maisons & Cités fragilise sa situation financière. Avec l’entrée du nouvel actionnaire la SNI est sensée apporter de l’argent frais autorisant l’Epinorpa à se dégager du dernier emprunt en cours de 120 millions d’euros qui a été nécessaire au rachat des titres en 2002.

Cependant le bât blesse à plusieurs égards.

Tout d’abord sur la personnalité de ce nouvel actionnaire, la SNI qui bien que parée de la vertu de la CDC défraye la chronique avec un président accusé de vouloir privatiser le logement social qu’il considère comme « 200 milliards d’euros de plus-values latentes » à valoriser.

On est loin des motivations du logement social.

Ensuite sur le montant de la recapitalisation, initialement annoncé à 30% sur la base de la valeur initiale des titres acquis pour 458 Millions d’euros, elle serait réévaluée aujourd’hui par l’ANCOLS, c’est-à-dire un établissement administratif placé sous la responsabilité des ministères du logement et des finances, à 150 millions, soit l’équivalent de 2500 euros le logement.

L’apport initial qui était de 120 millions d’euros justifié parce qu’il permettait à l’Epinorpa de solder son dernier emprunt en est réduit à 50 millions d’euros, ce qui ne permet plus de régler le problème posé par le nouvel emprunt de 600 millions d’euros.

Aucune information n’a été communiquée à ce stade d’ailleurs sur les conditions d’exercice du rôle dévolu à ce nouvel actionnaire notamment en termes de minorité de blocage.

Qui plus est cet apport annoncé en monnaies sonnantes et trébuchantes est en train de se transformer en prêt à taux zéro.

Et là ne s’arrête pas la fable.

Il reste toujours 300 millions d’euros à fournir par la région, les départements et les agglomérations dans le cadre de leur délégation d’aide à la pierre...

Des informations annoncent que la Région serait prête à apporter environ 30 millions d’euros. Si les communautés abondent à hauteur de 3000 euros le logement pour l’aide à la performance thermique sur 12 000 logements cela fait 36 millions d’euros supplémentaires.

Il en reste environ 260 pour les départements.

Celui du nord comptabilisant 40% du patrimoine cela représenterait plus de 100 millions d’euros pour nous.

Autant vous dire que pour un jeu de dupes cela fait cher payé.