Ce chiffre bien trop important est inacceptable, insupportable, intolérable.

Etre en situation d’illettrisme : - c’est ne pas pouvoir lire le mot de la maitresse dans le carnet de son enfant ou une consigne de sécurité au travail, - c’est ne pas pouvoir articuler les transports en commun pour se déplacer, - c’est ne pas pouvoir suivre un traitement médical, préparer le dosage d’un biberon, remplir un chèque ou retirer de l’argent au distributeur, - c’est ne pas maîtriser la base de la base : lire, écrire et compter dans les situations courantes de la vie quotidienne, alors que vous avez été scolarisé et que tout le monde pense que vous savez le faire.

Je ne vous parle pas de la fracture numérique qui s’ajoute aux difficultés citées aggravant l’exclusion des personnes de notre monde ultra- connecté.

On peut alors parler d’une spirale de l’exclusion qui, en ricochet, agit dans tous les domaines, laissant de coté 405 000 personnes (sans compter leurs enfants), malgré toutes les politiques que nous mettons en place pour améliorer le cadre de vie de nos concitoyens.

On a tendance à trouver des responsables plutôt que des solutions. En n’incriminant que l’école, c’est nier toute la complexité des parcours de vie. L’illettrisme est partout, il est impossible de le faire reculer sans que toutes les ressources du territoire y prennent part ensemble et de manière durable.

En effet, la lutte contre l’illettrisme est extrêmement fragile par manque de pérennité dans les cadres d’actions, dépendant des uns et des autres et donc sans ligne budgétaire propre et autonome.

Dans ces moments de restriction budgétaire, j’ai parfois l’impression que, dans les services, tout le monde se « refile la patate chaude ».

Pourtant, nous parlons d’un droit fondamental en termes de transmission des savoirs et de la connaissance.

Monsieur le Président de Région,

Il convient donc aujourd’hui de lancer un véritable plan d’actions reconnues : régional, départemental et local, coordonné et durable, en s’appuyant sur des structures du territoire dont toutes les méthodes ont prouvé leur efficacité au plan national.

Ne serait-il pas souhaitable également d’inscrire dans le Contrat de Plan Etat-Région un projet et une ligne budgétaire ?

Les 11 et 18 juin prochains, lors des élections législatives, ayons une pensée pour ceux qui, bien qu’ayant l’âge de voter, ne se déplaceront pas car ils ne savent pas lire un bulletin de vote !

Liberté, Egalité, Fraternité, agissons tous ensemble pour qu’ils soient une réalité pour tous !