Notre région est sous-administrée avec un nombre de fonctionnaires par habitants nettement inférieur à la moyenne nationale. Que dire des besoins pour rattraper nos retards dans le domaine de la santé.

Ces quelques exemples démontrent les gisements d’emplois possibles dans notre région tant dans le privé que le public.

Malgré ces atouts, nous comptons plus de 580 000 privés d’emplois. Dont + de 95 000 ont moins de 25 ans. Notre région est la 1ère région pour la jeunesse de sa population et nous sommes incapable de leur offrir un emploi.

Les entreprises déclarent : « Nos jeunes sont souvent insuffisamment formés ! ». La région compte effectivement moins de diplômés du supérieur (– 5 points par rapport au national). Pire encore, combien de jeunes sont classés parmi les décrocheurs scolaires ? En 2015, l’Académie de Lille identifiait 12 000 jeunes « potentiellement décrocheurs », dont 65 % issus de lycées professionnels.

Nous avons immédiatement un véritable défi à relever pour les décennies à venir : Former notre jeunesse aux métiers présents mais aussi aux métiers d’avenir.

Nous n’avons pas le temps aujourd’hui d’aborder globalement la question de la formation, de son contenu, de sa durée, afin de relever les défis du futur en liaison avec les évolutions technologiques et les révolutions scientifiques… Des évolutions qui amènent le salarié à pratiquer 2, 3 voire 4 métiers différents durant sa carrière professionnelle. Ce rythme va encore s’accélérer avec l’Intelligence Artificielle.

La formation est déterminante pour l’émancipation de l’individu et le devenir de notre région. Une formation tout au long de la vie est indispensable pour éviter les ruptures dans le parcours professionnel. Il faut certes former nos jeunes aux besoins de l’entreprise d’aujourd’hui mais cela ne peut suffire pour être aux rendez-vous de l’avenir. La formation ne peut se limiter à une adéquation avec l’emploi existant. En tant qu’élu, nous avons un devoir d’anticipation, un devoir de nous projeter dans l’avenir.

Mr le président, puisque de nombreux postes de travail sont liés aux développements des entreprises - De l’automobile, qui voient actuellement ses carnets de commandes croître, - Du ferroviaire où Alstom et Bombardier, viennent de décrocher pour + de 3 milliards de commandes qui ne sont qu’une première tranche des 9 milliards d’investissement actuellement en discussion en Ile de France.

- Le démarrage des travaux du Canal Seine Nord qui doit débuter incessamment, malgré la nomination du nouveau Premier Ministre, sera aussi une mine de milliers d’emplois.



1) Que compte donc, faire la Région, pour aider les jeunes sans qualification à accéder à ces emplois ? Un transporteur poids-lourd me faisait remarquer que + de cent emplois sont non pourvus dans les secteur, faute d’insuffisance de formation aux permis C et CE

2) Que compte faire la Région en tant que partenaire du Conseil Départemental qui s’est fixé l’objectif de permettre aux demandeurs d’emploi de longue durée qui touchent le RSA de retrouver le chemin du travail grâce à l’insertion par l’économie. En 9 mois ce sont 500 contrats CIE, qui ont été signés. Nous le savons, pour bon nombre d’entre eux, retrouver un degré d’employabilité ne sera pas aisé. Pour atteindre cet objectif nous devons concevoir des mesures spécifiques notamment en termes de formation. Savez-vous par ex. que Les 2/3 des candidats aux tests chez Renault, Toyota et Amazon échouent alors qu’un module de formation de 70 h adapté existent mais quasi-inaccessible ?

Nous devons offrir une formation de qualité qui doit s’adapter au cas par cas car malheureusement pour ce public très fragilisé, les modules standardisés ne peuvent être une réponse efficace.

Un travail d’accompagnement est également indispensable dans ces processus de formation. Aujourd’hui cet accompagnement n’est pas efficace faute de personnel suffisant.

Dans cette période de déchirure économique et sociale, plus que jamais la FORMATION EST UN DROIT et permettre à chacun d’y accéder est pour l’ETAT UN DEVOIR.