En matière de cohérence, nous constatons que la déliquescence programmée de l’Etat et de ses services, se trouve renforcée dans ce rapport par l’incitation à accélérer le processus de métropolisation compris dans la loi NOTRe.

Celui ci déjà amorcé avec la création des communautés d’Agglomération, et la mise en concurrence des territoires a conduit aux aberrations constatées notamment en matière de transports en commun.

Chacun ayant par exemple voulu son tramway, sans qu’à aucun moment la logique d’un mode de transport unique et transversal n’ait pu être abordée. On peut douter que les dégâts occasionnés par l’absence de l’Etat trouvent ici une solution.

La priorité laissée à la route n’améliorera pas l’état de santé de notre population.

Côté financier, là encore la perplexité demeure. Beaucoup de moyens annoncés sont déjà fléchés et n’apportent pas par conséquent l’effet de levier attendu.

Le cas du logement minier mérite à ce titre une mention particulière.

On nous annonce la rénovation de 23 000 logements pour un montant d’un milliard d’euros dans les années à venir.

L’Etat s’engage pour sa part à la hauteur de 100 millions d’euros, sachant qu’il récupérera 5,5% sur la TVA due au titre des travaux.

Sa participation réelle est à diminuer de moitié soit 50 millions sur 10 ans.

Une pauvreté, aux vues de l’état de certains logements.

Qui plus est, Maisons & Cités va devoir emprunter 600 millions d’euros.

Cet emprunt déstabilise sa situation de trésorerie.

La solution préconisée par l’Etat consiste à ouvrir le capital de la société à hauteur de 150 millions.

Rien que sur le mode de calcul, il y a à redire. En effet, l’Etat prend en compte la valeur initiale de rachat soit 458 millions et préconise par conséquent une prise de participation à hauteur de 30%.

Sauf que depuis 2002, la valeur actualisée du patrimoine a désormais été portée à 3,7 milliards d’Euros.

Cherchez l’erreur.

Le Département du Nord, associé à celui du Pas de Calais et à la Région, s’est engagé dabs la création de l’Epinorpa dans le but de garantir à la population minière son héritage.

Un héritage géré par des élus locaux, des représentants des locataires, des organisations syndicales, des ayants-droits.

Chacun sait ce qu’une ouverture de capital signifie. Il suffit de regarder l’état du service public postal aujourd’hui.

Maisons & Cités est à ce jour le seul bailleur public avec Partenord présent dans le département.

Ces outils doivent rester des outils gérés par les élus au service de nos populations, afin que le monde rural, qui souffre de ne pas trouver un acteur du logement aidé attentif à ses difficultés, puisse entrevoir une solution à ses problèmes.

Ces 2 exemples illustrent bien notre perplexité sur l’absence de cohérence et de réels moyens financiers.

Si la nomination de monsieur Dieudonné, originaire de Carvin, comme super Préfet en charge du pilotage de ce programme pour nous rassurer est confirmée, nous lui souhaitons bon courage pour parvenir aux résultats attendus depuis près de 20 ans avec les moyens mis à sa disposition.

Mais on ne peut pas terminer sans dire un mot sur un volet fondamental qui concerne la pire des inégalités, celle devant la mort, c’est à dire la santé.

Inutile de rappeler ici la situation catastrophique dans laquelle se trouve plongée notre population.

On aurait donc pu s’attendre à un geste.

La réponse est : rien.

On parle du nouvel hôpital de Lens c’est du droit commun avec 300 suppressions de lits au passage, puis de mise en réseau que l’ont va retrouver dans les documents de la politique de la ville en faisant participer les EPCI dont ce n’est pas la compétence.

Toujours aucune perspective quand à la création d’un CHRU pour le bassin minier.

L’actualité, malheureusement, ne nous rassure pas quand au contexte qui accompagne cet abandon.

Nous apprenons la liquidation de l’observatoire régional de la santé.

En supprimant la statistique, au moins on est sûr que le problème de la santé est résolu.

Mais il y a encore l’aide à domicile qui se trouve sur la sellette avec le tarif unique.

Quelles répercussions cela aura t-il sur un réseau Filiéris (ex Carmi) aujourd’hui e, pleine restructuration et sur nos CCAS qui en assurent la compétence.

Une évidence s’impose, tant que la pauvreté ne reculera pas, la situation n’évoluera pas.

Ni le contrat partenarial d’intérêt national, ni la politique gestionnaire du département ne répondent aux nécessités impérieuses de notre population.

Pour terminer, un chiffre qui nous laisse dans l’incompréhension :

- la Guyane c’est 3 milliards d’euros pour 250 000 habitants soit 12 000 €/habitant - le bassin minier c’est 100 millions d’euros pour 1,2 millions d’habitants soit 83€/habitant

Monsieur le Président, le groupe communiste votera cette délibération car c’est une petite avance, insuffisante certes, mais avancée quand même pour notre population, tout en restant attentifs voire combattifs quand aux décisions prises par le nouveau gouvernement pour notre bassin minier.