Comme nous le faisons quotidiennement dans le Nord avec nos divers partenaires et notamment au sein de la Commission Départementale de l’Accueil des Jeunes Enfants (CDAJE), qui est une véritable instance de réflexion, de conseil et de propositions qui a pour vocation de promouvoir le développement et la cohérence des politiques conduites en faveur des jeunes enfants dans le Nord.

L’Enfance, pour le Département du Nord, tient une place primordiale. C’est pourquoi, et c’est à souligner, chacune des politiques départementales doit contribuer aux objectifs de la politique Enfance, inscrits dans le Schéma Départemental d’Organisation Sociale et Médico Sociale.

Cette logique croisée faisant de l’enfance une véritable priorité est selon moi cruciale car elle met l’enfance au cœur de nos réflexions, de nos préoccupations.

Cette priorité donnée à l’Enfance se retrouve d’ailleurs dans le budget consacré par le Département à l’Enfance et à la Famille.

Un budget qui s’élève cette année à 418 millions d’euros, en hausse de près de 3 % par rapport à 2011.

L’actualité Départementale a été riche cette année en matière d’enfance, avec :

- d’une part, l’adoption à l’unanimité du Schéma Départemental Enfance, Famille, Jeunesse 2012-2015

- et d’autre part, l’adoption, là-aussi à l’unanimité, du nouveau plan départemental de soutien à la création de structures d’accueil de la petite enfance

Deux éléments sur lesquels je souhaite m’arrêter quelques instants.

Le Schéma 2012-2015 tout d’abord. Celui-ci s’inscrit dans un contexte économique et social particulièrement fragilisé, avec une dégradation importante des situations familiales et une précarité croissante.

C’est pourquoi, il prend en compte de façon plus large que le précédent les thématiques de la prévention, de la petite enfance, de l’adoption et de la jeunesse.

Les travaux, menés avec nos partenaires ont mis en évidence la nécessité de renforcer notre action sur 5 axes structurants :

- renforcer notre politique de prévention - Concilier la fonction parentale et la protection des enfants - Garantir un accompagnement et un accueil de qualité, adaptable à la pluralité des situations - Accompagner les jeunes vers l’autonomie - Mesurer les impacts de nos actions

Ce schéma départemental – c’est une nouveauté - sera décliné chaque année en plan d’actions prioritaires, corrélé à une programmation budgétaire, ce qui permettra de poursuivre le travail qualitatif et l’observation continue de l’adéquation de l’offre de services aux besoins.

A côté de ce nouveau Schéma, je tiens à saluer une mesure nouvelle qui me tient particulièrement à cœur : le nouveau plan départemental pour soutenir la création de structures d’accueil de la petite enfance.

Adopté le 26 mars dernier, celui-ci vient renforcer l’action volontariste du Conseil Général du Nord en majorant les financements en investissement pour les projets se situant sur des territoires déficitaires en structures d’accueil.

Il renforce également la qualité d’accueil en soutenant plus particulièrement la création de structures de petite taille (20 places maximum) et prend mieux en compte la problématique des familles en parcours d’insertion via une subvention exceptionnelle de 5.000 €.

Dans un contexte budgétaire difficile, ce nouveau plan constitue un signe fort en direction des familles et de nos divers partenaires.

Ce volontarisme de notre collectivité est à saluer, tous les Départements ne le faisant pas et beaucoup se contentant du simple cadre légal.

Le Département du Nord, au-delà de ses compétences légales, est ainsi fier de mener une politique volontariste de promotion de la petite enfance, de soutien au développement des modes d’accueil.

Cette action volontariste porte également sur le soutien à la parentalité et sur l’éveil de l’enfant, thème qui nous réunit ce jour.

Le service Départemental de PMI – que je tiens ici à féliciter – assure, en la matière, une mission d’accompagnement des familles dans leur parentalité : il s’agit de sensibiliser les parents pour qu’ils répondent aux besoins de leur enfant, tant dans la réponse aux besoins primaires (alimentation, sommeil, liens affectifs) que dans la stimulation psychomotrice nécessaire à leur développement.

Ces actions sont réalisées en consultation infantile de PMI, en visite à domicile et lors du bilan de 4 ans.

Divers outils sont mobilisés : animations de salles d’attente (dessins, jeux à disposition, actions de psychomotricité, animations lecture, actions collectives autour de la musique et du chant…)

A côté de cela, le Département, dès 1999, a développé une politique de soutien à l’éveil du jeune enfant et à la parentalité au travers du dispositif d’accueil d’éveil.

Il s’agit de permettre à un enfant pour lequel le service de PMI a dépisté un risque de retard de développement par défaut de stimulation adaptée, de bénéficier d’un accueil par des professionnels de la petite enfance.

Parallèlement, une action spécifique de soutien de la parentalité est menée auprès des parents de cet enfant.

Cette action concerne habituellement un public d’enfants de 12 à 24 mois. Elle est menée en collaboration avec les assistants maternels agréés et les établissements d’accueil de jeunes enfants.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur tout ce que met en œuvre le Conseil Général du Nord en direction de l’Enfance.

Je ne saurais cependant conclure mon propos sans rappeler que l’enfant n’est pas une marchandise. Cela doit être dit avec force.

Je tiens en ce sens à dénoncer les mauvais coups portés à l’enfance ces dernières années : je pense au rapport Tabarot, au décret Morano, et bien sûr à la Directive Européenne « services », la fameuse directive Bolkenstein, qui place tout le secteur de la petite enfance dans le champ de la concurrence européenne libre et non faussée.

Face à cela et compte tenu des besoins des familles en matière de structures d’accueil petite enfance et à la nécessaire recherche de qualité, je plaide plus que jamais pour un service public de la petite enfance qui intègrerait tous les modes d’accueil et assurerait aux professionnels concernés une formation de qualité.

Nous n’insisterons jamais assez, en effet, sur le fait que l’enfance est au cœur des enjeux sociétaux.

Elle recouvre des thèmes aussi divers et cruciaux que la protection de l’enfance, l’accueil des tout-petits, les conditions de scolarisation, l’égalité homme/femme, le taux de natalité, et relève pleinement, à ce titre, de l’intérêt général.

Bon salon à toutes et à tous,

Vive l’enfance et puisque parler d’enfance, c’est aussi parler d’avenir, n’oublions pas, comme l’a dit Gaston Berger, que « demain est moins à découvrir qu’à inventer ».