La pression exercée sur le logement social et l’hébergement d’urgence a rendu de plus en plus inaccessible l’ensemble du parc locatif privé et public aux jeunes ménages, aux salariés et aux familles aux revenus moyens.

Le logement étudiant, question si cruciale pour poursuivre le développement et le rayonnement de nos Universités et en particulier celle du Hainaut-Cambrésis située à Valenciennes, n’échappe pas à ce constat puisqu’il s’avère bien souvent inaccessible financièrement et insuffisant par rapport aux attentes.

Réduction des financements pour la construction de logements sociaux et pour les Opérations Programmées d’Amélioration de l’Habitat, ponction de 245 millions d’euros sur les bailleurs sociaux, captation des financements Logement-Action et politique des « zones tendues » qui privent nos secteurs ruraux des aides dont ils ont grand besoin, sont quelques exemples des mauvais coups portés au logement ces dernières années. Ce ne sont d’ailleurs pas les récentes annonces de Monsieur le Président de la République qui seront en mesure de rétablir une situation juste, un Président qui, rappelons-le, promettait en 2006 lors de sa campagne électorale une France sans SDF.

Dans un Département comme le Nord qui compte 90 000 demandes de logement social en attente, la modeste contribution de l’Etat se concentre vers les intercommunalités ayant opté pour la compétence « aide à la pierre ».

Ainsi, la répartition des crédits d’Etat laisse de côté plus de 660 000 nordistes, leur consacrant moins d’un euro par habitant, ce qui, vous en conviendrez, est dérisoire. Le Valenciennois, avec 12 000 demandes de logement en instance et des indicateurs économiques et sociaux alarmants, n’est guère mieux loti.

Ce manque de financement conjugué à une répartition inégalitaire des crédits vient également nuire à la revitalisation des communes rurales et pénalise lourdement leur population. C’est là aussi inacceptable.

Au-delà des nécessaires crédits à inscrire en urgence, le Valenciennois, le Nord et notre pays ont besoin d’une refonte totale de la politique destinée au logement et à l’habitat. C’est d’ailleurs indispensable pour rendre effectif le droit au logement, droit constitutionnel rappelons-le. Cette refonte est revendiquée par de nombreuses associations qui ne cessent de vous alerter en ce sens.

Dans le même temps, et face à un hiver particulièrement rigoureux, de multiples associations humanitaires sont confrontées à des besoins sans précédent, à l’image du Secours Populaire, du Secours Catholique, des Restos du Cœur, de la Fondation Abbé Pierre, des Equipes Saint Vincent de Paul, de Midi Partage et combien d’autres encore …

Monsieur le Secrétaire d’Etat, aucune mesure ne sera durable si elle ne s’inscrit dans le cadre d’un véritable service public du logement et de l’habitat, seul garant de l’équité territoriale. De même, aucune mesure ne sera durable si elle n’impose que les loyers et les charges ne puissent dépasser 20% des ressources des familles.

Enfin, aucune mesure ne sera durable sans une véritable maîtrise du foncier par les élus et un fonds d’intervention permettant d’inciter à la construction de logements sociaux de qualité, accessibles financièrement.

Dans l’attente de vous lire sur cette question cruciale pour le Valenciennois, le Nord et notre pays,

Je vous prie de croire, Monsieur le Secrétaire d’Etat, en l’assurance de ma haute considération.

Fabien THIÉMÉ

Vice-Président du Conseil Général du Nord

Maire de Marly